Lettre à la grande famille de Conversation Papillon : Février

Livre Nelly Quil

En janvier, nous avons franchi ensemble un seuil. Un passage doux, conscient, vers une nouvelle année, une nouvelle énergie, un nouveau cycle.

Février, lui, nous invite à autre chose : nous déposer. À ralentir encore un peu pour mieux nous ancrer, nous enraciner, avant que le printemps ne commence doucement à se faire sentir.

Dans un monde où tout bouge vite, où tout s’accélère, où les stimulations sont constantes, l’ancrage n’est plus un luxe. C’est une nécessité.

S’enraciner, ce n’est pas se figer. C’est retrouver un point d’appui intérieur, un centre stable à partir duquel tout peut circuler librement. C’est permettre au corps, au système nerveux, aux émotions de retrouver leur rythme naturel.

Les sagesses anciennes l’ont toujours su. Les peuples premiers l’ont toujours pratiqué. Le lien à la Terre, aux cycles, aux saisons, aux arbres n’est pas seulement symbolique : il est profondément physiologique, émotionnel et énergétique.

Aujourd’hui, même la science moderne commence à le confirmer (1). Lorsque nous ralentissons, lorsque nous respirons profondément, lorsque nous entrons dans un état de calme et de présence, le système nerveux se régule, le stress diminue, le corps sort de l’hypervigilance.

Le nerf vague s’apaise, le mode « lutte ou fuite » cède la place au repos, à la digestion et à la réparation. Et tout cela ne se vit pas seulement à l’intérieur de nous : cela rayonne, cela influence notre environnement, nos relations, notre façon d’être au monde.

Je suis, pour ma part, une femme en contact constant avec la nature. Les arbres, la forêt, les saisons font partie de mon équilibre. J’aime parfois sourire en me disant que je porte bien mon nom : « Laforest ».

Aller marcher en forêt, même en plein cœur d’une tempête hivernale, observer les arbres danser avec le vent, sentir leur solidité malgré le mouvement… c’est pour moi une leçon d’ancrage vivante.

Tout bouge autour, mais le tronc demeure. Les racines soutiennent et sécurisent. Et étrangement, plus la tempête est forte, plus ce contact apaise, détend et réénergise.

Tout se bouscule sur la planète en ce moment : les nouvelles, les tensions, les peurs collectives, les divisions.

Plus que jamais, rester ancré, calme, centré, avec une intention de paix intérieure et extérieure, nous permet de devenir comme l’œil au centre du cyclone.

Le chaos peut exister autour, sans nous emporter. Sans nous impacter. Et c’est à partir de cet état que des gestes justes, des paroles conscientes et des choix alignés peuvent émerger.

C’est dans cet esprit que nous préparons, pour la fin du mois, avec Nathalie Augot, un atelier dédié à l’ancrage et à l’enracinement, en préparation à l’arrivée du printemps.

Le printemps est cette saison où la vie reprend son souffle, où l’élan vital remonte naturellement, où l’on se recharge au contact de la nature pour retrouver force, clarté et énergie.

Se relier consciemment à la Terre, au corps et à la respiration permet d’installer cet élan dans notre quotidien, de façon durable et profondément vivante.

Février est un mois de transition silencieuse. Sous la surface, tout se prépare déjà. Les racines travaillent avant les bourgeons.

Et il en va de même pour l’être humain : notre solidité physique, notre stabilité émotionnelle et notre force mentale se construisent de cette façon, lentement, en profondeur.

Plus nos racines intérieures sont nourries et présentes, plus ce qui émergera ensuite pourra se déployer avec liberté et confiance.

Je vous souhaite de trouver, dans les jours à venir, vos propres gestes d’ancrage, qu’ils soient simples ou plus intuitifs, mais toujours justes pour vous.

J’espère que le mois à venir vous apportera force, douceur, équilibre et un regain de lumière.

Annie Laforest
Fondatrice de Conversation Papillon et de son Académie

(1) La régulation du système nerveux via le nerf vague est bien documentée par la littérature scientifique. Voir par exemple cette revue sur le rôle du nerf vague dans l’équilibre du système nerveux autonome : Article scientifique
Des chercheurs ont également montré qu’un tonus vagal plus élevé est associé à une meilleure réponse émotionnelle au stress et à une variabilité cardiaque favorisant le calme : Étude – Mass General Hospital

 

FAQ – Ancrage et enracinement

 

Qu’est-ce que la pratique de l’ancrage, aussi appelée enracinement ?

La pratique de l’ancrage consiste à se reconnecter consciemment à son corps, à la Terre et au moment présent. Elle permet de retrouver un sentiment de sécurité intérieure, de stabilité et de présence.

Quels sont les bienfaits de l’ancrage ?

L’ancrage favorise un meilleur équilibre émotionnel, une diminution du stress et une plus grande clarté mentale. Il soutient la régulation du système nerveux et renforce le sentiment d’être aligné et centré.

Pourquoi l’ancrage est-il essentiel en période de stress ?

En période de stress, le corps entre souvent en état d’hypervigilance. L’ancrage permet de ramener le système nerveux vers un état de sécurité, favorisant des choix plus conscients et ajustés.

Quel est le lien entre l’ancrage et le système nerveux ?

L’ancrage favorise l’activation du système parasympathique, responsable du repos, de la digestion et de la régénération. Il apaise le nerf vague et soutient une meilleure autorégulation émotionnelle et physiologique.